Dans la Secteur de Runda, district de Kamonyi, nous rencontrons Uwera Agnès, une mère de famille de 35 ans. Elle a un fils de cinq ans nommé Eric Uwayo, qui est âgé de six ans et est né avec un handicap médullaire qui l’empêche de s’asseoir ou de se tenir debout comme les autres enfants de son âge.
Agnès raconte que sa vie a radicalement changé depuis la naissance de son fils, mais elle affirme l’avoir accepté comme un don de Dieu et ne pas perdre espoir dans son combat pour ses droits en tant qu’enfant handicapé.
« Élever un enfant avec un handicap sévère n’est pas facile, mais c’est mon enfant. Je l’aime et je veux qu’il ait un avenir radieux. Ce que je demande, c’est de l’aide pour qu’il puisse, lui aussi, être éduqué comme les autres enfants », déclare Uwera Agnes
« Mon enfant ne va pas à l’école comme les autres parce qu’il ne peut pas s’asseoir ni se tenir debout, ce qui fait que les enseignants ont du mal à l’accepter facilement », explique-t-elle.
« Mon enfant a besoin d’un fauteuil spécial, il a besoin d’enseignants formés. Il lui est impossible d’apprendre sans le matériel adapté », ajoute Uwera Agnès.
Le parcours pour trouver de l’aide
Uwera continue de solliciter de l’aide auprès des associations et des organisations concernées afin que Ngenzi [son fils] puisse recevoir des soins, du matériel orthopédique et avoir la chance d’étudier comme les autres enfants.

Bien que les obstacles soient nombreux, Agnès dit garder espoir en des jours meilleurs, surtout si diverses institutions peuvent l’aider à trouver un moyen de soigner son fils ou à l’intégrer dans un système d’éducation inclusive.
Les voisins d’Agnès saluent sa détermination et l’amour qu’elle porte à son enfant, affirmant qu’elle a besoin, par exemple, d’une aide matérielle.
L’un d’eux déclare : « Agnès fait de son mieux, mais son problème est important. L’enfant mérite une aide spéciale pour qu’il puisse, lui aussi, vivre bien. »
Emmanuel Ndayisaba, Secrétaire Exécutif du Conseil National des Personnes Handicapées (NCPD), a déclaré que bien que beaucoup ait été fait concernant l’éducation des personnes handicapées, certains problèmes restent à résoudre.
Il a souligné que de nombreuses institutions acceptant les enfants handicapés sont privées et coûteuses, ce qui empêche certains parents de scolariser leurs enfants.
« Les écoles qui acceptent les enfants ayant des besoins spéciaux, par exemple l’autisme, sont privées, ce qui signifie que les frais de scolarité sont élevés au point que certains parents ne peuvent pas les payer, avec pour conséquence que certains enfants ne vont pas à l’école. Il y a aussi le fait que les écoles ordinaires sont censées être renforcées pour accueillir ces enfants, mais en raison de la structure de notre pays, un enfant ne peut pas se rendre à l’école tous les jours, et cela pose également un défi. »
Il a demandé que d’avantage d’écoles publiques soient créées pour soutenir les enfants handicapés de manière inclusive.

Le ministre de l’Éducation,Joseph Nsengimana, affirme que l’éducation des enfants handicapés est un droit, et non un acte de pitié. « Ces enfants sont le Rwanda de demain ; si nous ne les éduquons pas, nous ne préparons rien pour la nation », insiste-t-il.
Pour concrétiser cet engagement, le gouvernement construit cinq écoles modèles par province. Ces établissements, pleinement accessibles, seront dotés de salles de classe adaptées, d’enseignants formés et d’internats pour accueillir les enfants venant de loin.
Malgré ces avancées, des défis persistent pour une inclusion totale.

Les statistiques du NCPD de juin 2025 indiquent qu’il y a plus de 145 362 personnes handicapées. Parmi elles, 25,8 % ont un emploi correspondant à leur niveau d’études, tandis que 56,4 % sont au chômage, y compris celles qui ont étudié et celles qui ne l’ont pas fait. Les 17,7 % restants concernent des personnes pour lesquelles les informations sont insuffisantes ou inconnues.


